Edition N° 617 du 21 mai 1999
Le fond de l’air.
Mai à la frontière de l’été !
Après un automne et un hiver chagrin, à part quelques belles journées de neige, voilà enfin un mois de mai digne de sa réputation. De nombreuses journées à près de 20°C, parfois plus, nous on donné un avant goût apprécié de l’été. Les corvées pelouse ont donc recommencé et la cacophonie des samedis midi pour deux temps cafouillants et bruyants fait fuir pour quelque temps les merles (moqueurs).
La végétation a fait un pas de géant, métamorphosant le paysage. Ce n’est plus que du vert tendre piqué de quelques coquelicots légèrement en avance dans les talus protégés.
On glisse donc à toute vitesse vers un été qu’on espère glorieux. Même si un déménagement imprévu viendra sans doute gâcher quelques belles journées par son incertitude et la désorganisation qu’il provoque. En attendant ces temps désagréables, nous nous envolons pour une semaine au Québec ce samedi 22. Je serai donc en pensée avec tous mes lecteurs de là-bas. Là aussi une précanicule a boosté la végétation, on jugera de visu.
Ressources météo: Météo Services (Belgium) Voir détail en fin d’édition.
L’actualité des derniers jours
Belges expatriés, vous ne voterez pas …
Pour la première fois de leur histoire, les belges expatriés avaient la possibilité de voter aux législatives du 13 juin 99. Ils sont, vous êtes, selon les sources entre 450.000 et 700.000.
Seuls 18 (dix-huit) voteront, les listes sont clôturées… !
Ce magnifique engouement a été freiné par toutes sortes de mesures administratives dissuasives et notamment les frais qui s’élevaient à 7.000 BEF par belge votant, comptez pour une famille…
Les expatriés français et hollandais sont infiniment plus assidus, on compte que 50% des français à l’étranger participent au vote. Il est vrai que pour ces deux pays, la procédure est simplifiée et TOTALEMENT gratuite.
Bref ce beau sabotage n’a pas, semble-t-il, ébranlé les certitudes de la majorité qui étale en cette période électorale très discrète, son bilan positif.
Mais ce ratage superbe a mis en colère l’opposition et notamment Louis Michel (PRL-MDF-MCC) qui s’étouffait d’indignation devant les cameras.
On fera mieux la prochaine fois, sans doute.
De l’ignorance ou négationisme.
Pendant qu’un petit vendeur de journaux à Belgrade s’indignait des bombardement de l’OTAN qui touchaient, malgré l’incontestable précision des alliés, quelques centaines de civils serbes, et qui ne comprenait pas, manifestement de bonne foi, la rage des américains, l’épouse Milosevic déclarait à CNN qu’il n’y avait pas de violence au Kosovo et que les troupes serbes luttaient simplement contre l’UCK. Pas de massacre, pas de déplacement planifié de population.
Pas de camps de concentration nazis non plus, sans doute…
Il n’empêche que la cohérence des témoignages massifs fait craindre le pire. Il manque 425.000 hommes dans les comptages. La pyramides des âges et des sexes des populations réfugiées est complètement tronquée. Si on accepte une absence expliquée par les recrutements de l’UCK, il en manque encore beaucoup à l’appel. Vivement qu’on entre au Kosovo pour éclaircir l’affaire et traîner devant les tribunaux les coupables, qui semble-t-il déterrent les corps et les font disparaître plus élégamment et définitivement.
Pacifisme ou non assistance à personnes en danger ?
Au fur et à mesure que la guerre pour le respect des droits démocratiques au Kosovo se prolonge et qu’on commence à douter de l’efficacité des frappes en matière d’anéantissement des armes au Kosovo, la cohésion occidentale s’effiloche légèrement. Les Verts en Allemagne réclament, au prix d’une implosion de leur mouvement, la cessation des bombardements, sans conditions. Les italiens, pour d’autres raisons réclament une trêve, ce qui n’est pas la même chose. Des faucons plus traditionnels souhaitent au contraire une action terrestre.
Il est vrai que l’OTAN a sans doute mal évalué la résistance serbe et la difficulté du terrain et de la météo. Mais l’OTAN ne nous dit que ce qu’elle veut bien et le doute s’installe.
Faut-il pour autant laisser à leur sort de réfugiés 900.000 personnes et mettre en danger de mort les 450.000 qui errent encore dans les montagnes à portée de mortier des troupes serbes?
Prôner la Paix est une belle chose. Les guerres ne sont pas des solutions. Sauf si on ne peut faire autrement pour lutter contre des régimes autoritaires et criminels aux yeux de nos valeurs démocratiques.
Ayant raisonablement tout essayé pendant plusieurs années, le régime Milosevic ne nous a pas donné le choix. Pour les Kosovars aujourd’hui, pour d’autres minorités en danger demain, il faut bien créer une jurisprudence et avertir tous les petits tyranneaux du monde qu’on ne peut plus faire n’importe quoi à l’abri de la souveraineté nationale, otage et complice. Et si la communauté internationale est défaillante, à cause de ceux qui pour des raisons de politiques personnelles, mettraient leur véto à une force de police internationalement et juridiquement légitime, il nous faut alors prendre nos responsabilités et défendre ensemble un avenir meilleur pour tous.
Le pacifisme a parfois un goût de lâcheté et d’égoïsme. Que les autres se démerdent, pourvu qu’on ait la paix chez nous. Mauvais calcul à long terme, l’histoire ratrappera ceux qui n’ont pas voulu à un moment crucial défendre leurs idéaux démocratiques et les droits de l’homme, y compris ceux des minorités. Vouloir à tout prix éviter un guerre en consacrant les tyrannies nous a valu la seconde guerre mondiale. Personne n’est à l’abri d’une troisième.
Que ce serait-il passé si la Duma avait destitué le président Russe et refusé le premier ministre, et si les communistes majoritaires voulaient recréer l’empire russe, chose pensable dans un pays totalement désorganisé et au bord de la faillite. Lever les masses affamées et qui n’ont plus rien à perdre est à la portée du premier aventurier venu. La paix est toujours à construire, avec sagesse mais détermination.
Elections belges: Sans pub, sans débat.
Pour la première fois, depuis les lois qui limitent les dépenses électorales, les murs et les panneaux de signalisation, restent étrangement propres. A peine deux mini-débats par semaines.
Comme hier soir entre Anselme (PSC) et Gérard Deprez (MCC ex-PSC). Pas grand chose à propos des idées et des programmes, le débat s’est enlisé dans la défection de Gérard Deprez qui avec son mouvement dissident du PSC, le MCC à rejoint la confédération PRL-FDF-MCC. Ce n’est pas ce genre de débat qui éclairera les électeurs sur les alternatives que proposent réellement les partis.
Elections sans éclat, sans débat. Avec l’arrivée massive des PC dans les bureaux de vote, on se demande si l’on ne devrait pas ajouter un bouton rouge baptisé vote aléatoire, en cas d’indécision, cliquez ici …
[...] N° 618 du 01 juin 1999 Spécial Québec et retour en Belgique avec les poulets contaminés. Edition N° 617 du 21 mai 1999 Kosovo: pacifisme ou non assistance à personnes en danger ? Edition N° 616 du 01 mai 1999 Seuls [...]
Par Bienvenue sur WallonieWeb « Wallonieweb’s Blog le novembre 28, 2008
à 5:45