Publié par : wallonieweb | janvier 8, 2000

Edition N° 626 du 08 janvier 2000

Edition N° 626 du 08 janvier 2000

WallonieWeb ex wallonie.com se retire sur la pointe des pieds, ce dernier billet en forme d’adieu ou d’au revoir …
Bonne et heureuse année 2000

Bonne année

Froid et brumeux. Ce premier janvier 2000 ressemble à tous les autres de la cuvée 1900. Froid et humide, malgré les tonnes d’eau que fin décembre nous avait déjà réservées. C’est donc une journée bien banale qui commence le début de la fin du siècle et du millénaire.

A part un peu plus de foule aux feux d’artifice grandioses qui ont explosé à 0 heure de l’an 2000, cette nuit de réveillon que les médias avaient voulue exceptionnelle s’est passée normalement. Les professionnels de l’informatique ont un peu tendu l’oreille aux premières éventuelles manifestations du fameux bug ou bogue. Rien, néant absolu. Les millénaristes répondront qu’une rigoureuse préparation a évité le pire. Les insouciants répondront qu’on avait bien fait monter une pression excessive. Le principe de prudence a mobilisé des milliers de personnes, techniciens, gestionnaires, fonctionnaires pour parer au pire. Leur attention aura, sinon évité le cataclysme annoncé, du moins minimalisé les inconvénients inévitables du genre ascenseur inaccessible ou distributeur de billets refusant d’obtempérer aux cartes erronément périmées. Cette prudence a transformé 12 mois d’hystérie en non-événement.

Si le pire ne s’est pas manifesté, souhaitons que le meilleur arrive. Les dernières années 1900 n’ont pas été avares de promesses idylliques. On sait le sort qu’on réserve aux promesses, surtout électorales. Promettre ne coûte rien. Assisterons-nous à une percée significative de la sagesse des peuples, à une solidarité internationale plus soucieuse de la juste répartition durable de la richesse de la planète en lieu et place d’une férocité concurrentielle condamnant les plus faibles à encore plus de misère et de travail forcé ? Verrons-nous un peu plus de tolérance de part et d’autre des rideaux de haine tissés par l’extrémisme religieux, philosophique et culturel ?
Rien n’est moins sûr, comme rien n’est impossible. Les révolutions commencent dans nos cerveaux individuels. Bannir la médiocrité, le culte de la bêtise facile et la paresse crasse de l’ignorance. Effacer l’ardoise de nos lavages de cerveaux ancestraux, réinventer un monde à vivre, à aimer à apprécier.
Faire trembler les trônes de nos poncifs en tout genre, ne jamais se satisfaire de l’argument d’autorité, faire preuve de résistance devant les mensonges et les vérités toute faites et toute fausses, dénoncer les injustices. Explorer prudemment les sentiers de traverse et savoir reconnaître de loin tout ce qui pourrait compromettre notre dignité, réduire au silence nos émotions, nos rêves ou nos doutes.

Seule la formidable somme de ces efforts individuels pourra ébranler l’inertie des habitudes et créer un monde un peu meilleur où la coopération remplacera enfin la compétition.
C’est ce que je souhaite à tous les hommes, à toutes le femmes, de bonne volonté.
Jacques

L’actualité de la semaine

Tempête.
On ne le redira jamais assez, autant la législature précédente était riche en rebondissements tragi-comiques, autant celle-ci est avare d’événements et laisse les chroniqueurs en mal de copie. Les journaux rétrécissent, on accorde plus de place à l’actualité internationale ou aux sports.
La discipline librement acceptée de l’équipe Verhofstadt, Michel, Onckelinks, Durand et consort (PRL, socialistes et Ecolos) ne se voit pas, ne s’entend pas. Ce serait plutôt le silence et la discrétion qui pèse. Nous avons quitté le terrain du déballage public des mésententes pour un travail souterrain et semble-t-il efficace. Entre Flamands et Wallons, plus une seule joute verbale depuis des mois. Qui s’en plaindra ?

Les seuls titres belges de cet APM étaient l’annonce d’une nouvelle et prochaine numérotation téléphonique et de la mise en fonction, enfin, de la carte à puce de sécurité sociale.

La météo par contre à fait couler beaucoup de pixels sur nos écrans. La mise en garde était sévère mais Dieu merci (pour nous, pas pour nos voisins Français), le noyau dur de la tempête, équivalente à une tempête tropicale, est passée juste au large de nos frontières. 100 à 120 km/h au plus fort de la tourmente, pour près de 170 km/h à Paris.
Les dégâts sont anecdotiques (pour les statisticiens pas pour les sinistrés) et surtout dus aux abondantes pluies qui ont fait sortir de leur lit, les rivières classiquement capricieuses comme la Lesse. Les campeurs (domiciliés contre leur gré) ont passé quelques nuits en bottes ou dans des logements de fortune.

Nos cousins d’outre-Quiévrain n’ont pas pu éviter la colère du vent et ce sont quelques millions de foyer (on parle de 6 millions) qui ont été privés d’électricité pendant que pas mal d’autres, sans toits ou sans verrières, ou écrasés sous d’immenses arbres, avaient d’autres chats à fouetter que l’arrivée de l’an 2000. 80 morts et la moitié du Bois de Boulogne abattu.

Une compagnie du génie d’Amay est partie avec outils et bagages pour la Charente maritime où nos soldats aideront l’armée française à dégager les routes et à rétablir les liaisons électriques. Idem pour quelques employés d’Electrabel à Tournai. On compte au 8 janvier, encore 150.000 foyers privés d’électricité et la facture ne fait que gonfler au point que la République française lance un plan de reconstruction comme après une guerre.
Les arbres cassés ou abattus par la tempête représentent 5 années de taille normale. Déjà les scieries belges déplorent l’arrivée massive d’un bois bradé et souhaitent que les achats sur pied de la saison restent en place une année de plus pour permettre de résorber de ce surplus.

La nature n’a pas fait de cadeau. Les quelques scientifiques interrogés, tant en Belgique qu’en France, accusent les gaz à effet de serre qui réchauffent la planète et provoquent des colères plus appuyées des éléments. S’il fallait une semonce pour le siècle prochain, c’est fait, comme en Amérique Centrale ou sur les Côtes du Golfe du Mexique ou du Sud de la côte Est américaine.

Comme si le vent ne suffisait pas à ruiner des années de travail, l’Erika, petit pétrolier, se perdait au large d’Ouessant et vomissait sa cargaison de brut gluant sur les plages de Bretagne et de Vendée. Après le bénévolat des vacanciers et la mobilisation de tous les amis de la nature pour sauver 6000 oiseaux de mer (et la Belgique a été mise à contribution), ce sont les RM-istes français qui se chargent du goudron répandu.

Coup de force de notre madame la ministre des transports.
Sans trop semble-t-il prendre l’avis du conseil des ministres, Isabelle Durand (écolo) a signé un arrêté ministériel prévoyant la fin pour 2003 des vols de nuit entre 1 heure et 5 heures du matin à l’aéroport de Bruxelles-National. Les compagnies de fret se rebiffent et jouent sur l’importance de l’emploi à préserver (2 à 3000 personnes).
Les autres ministres de la coalition, même si c’est avec discrétion, désapprouvent l’empressement de notre nouvelle ministre, et son manque de concertation.
Les aéroports régionaux, Bierset à Liège et Gosselies pour Charleroi, craignent un déplacement du trafic vers leur aéroport respectif, déjà saturés et posant les mêmes problèmes aigus de cohabitation nocturne avec les riverains. Ces aéroports dépendent du gouvernement wallon et ne sont donc pas touchés par l’arrêté ministériel fédéral.
Soulignons, pour le fond, que notre ministre écolo a parfaitement raison de ménager ne fusse que 4 heures de silence autour de Bruxelles en pleine nuit. Tout le monde a droit au sommeil et la Belgique est trop petite pour trouver sur son territoire une zone désertique prête à accueillir ces bruyants oiseaux.


Réponses

  1. [...] de professeurs 2008 et ça repart où jacques marchal et Thyl Ulenspiegel reprennent la plume. Edition N° 626 du 08 janvier 2000 la dernière édition d’une très longue série avant le [...]


Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Twitter picture

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Catégories

Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.