Publié par : wallonieweb | janvier 19, 2009

Edition N° 631 du 20 janvier 2009

Edition N° 631 du 20 janvier 2009

L’air du temps

janvier sibérien !

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Janvier 2009, un hiver sibérien !

Cela arrive tous les 10 ans environ. Nous n’avons pas eu un Noël blanc, mais l’Epiphanie fut sibérienne. Pendant une grosse semaine, la neige est tombée et est restée, congelée par des températures qui frôleront des record. -22°C la nuit à Gembloux par exemple. Et pas des mesures subjectives comme utilisent nos amis québecois, un vrai -22°C sous abri au thermomètre !
Les chaudières ont donc envoyé joyeusement des tonnes de CO² dans l’atmosphère et le combustion du fioul de chauffage et de moteurs diesel ont envoyé des masses critiques de micro-particules qui sont restées stagnantes dans la couche inférieure de l’atmosphère vu les conditions anticycloniques sans vent et avec inversion des températures. Cela a incité nos autorités à limiter les vitesses sur autoroutes pour la partie nord du pays.

Promenade sur le lac gelé de Louvain-la-Neuve janvier 2009

Promenade sur le lac gelé de Louvain-la-Neuve janvier 2009

Le dégel ne fut pas triste non plus. Une bonne partie du Hainaut, drainé par de vieilles conduites en fonte grise et miné par des galeries souterraines dont on extrayait le charbon “à la belle époque” , a été privé d’eau de distribution. La protection civile et nos firmes d’eaux en bouteilles ont été requisitionnées pour la distribution de bouteilles et citernes. On imagine mal aujourd’hui vivre sans eau. Et cela a duré une petite semaine.

Tout rentre dans l’ordre. Le belge aujourd’hui a fait son plein d’hiver, les dernières décorations de Noël retrouvent le grenier et nos sympathiques et sinistres dépressions d’ouest remplissent le ciel de leurs nuages gris plombé poussés par des vents de tempêtes qui nous annoncent presque les premières giboulées de mars.

Nous scrutons maintenant les premiers signes précoces du printemps. La pointe d’un perce-neige, le premier rejet rougeâtre d’un lupin, ou mieux, avec attendrissement, les premières jonquilles tête à tête fleurissant vaillamment sur l’appui de la fenêtre.  Encore un peu de patience, le temps d’avaler la première quinzaine de février, de mesurer à l’occasion la dérive du soleil couchant vers le plein ouest et nous serons au carnaval avec Pâques en point de mire.

L’actualité du début de l’année

Exit Yves Leterme.
La Belgique finit l’année 2008 sans gouvernement. Il est vrai qu’elle en a un peu pris l’habitude. Le gouvernement Yves Leterme péniblement constitué après 6 mois de vacance au lendemain des élections législatives de mai 2007 avait déjà fait preuve d’instabilité chronique et ce n’était pas la première fois qu’il présentait sa démission refusée alors par le Roi. Cette fois-ci il n’échappera pas à la mise sur le côté. Le Roi a donc passé ses fêtes de Noël a consulter pour lui trouver un successeur. Et c’est Herman Van Rompuyt qui a finalement accepté, par manque de candidats, et contre sa volonté, de remettre sur pied un nouveau gouvernement légèrement remanié.
En cause, pour cette dernière péripétie, des contacts entre le cabinet Leterme et une juge dans l’affaire Fortis. Soupçons d’intervention de l’exécutif dans le judiciaire et donc faute peut-être contre la dogmatique séparation des pouvoirs qui assit nos démocraties. Il est vrai que le sort de Fortis, décidé dans l’urgence (nationalisation de la banque et assurances, revente de la partie néérlandaise à l’Etat néérlandais et promesse de cession d’actions nationalisée à BNP-Paribas), a été porté en justice par un groupement de nombreux actionnaires, et qu’ils ont eu, pour l’instant, raison contre l’Etat. Bientôt un vote en assemblée générale décidera si la vente est acceptée ou refusée par les actionnaires, qui avaient dans l’affaire tout perdu à quelques miettes près.
Voilà donc un ancien chrétien flamand à la tête du gouvernement fédéral et il aura besoin de toute son expérience pour retricoter un état fédéral cohérent au ragard des exigences flamandes de  (beaucoup) plus d’autonomie et de celles de wallons qui sont toujours demandeurs de rien et donc partisans du statu quo.
C’est un peu bref comme résumé vu qu’il faudrait cinq tomes de 500 pages pour y comprendre quelque chose … je vous épargnerai donc la controverse BHV, le jeu subtil des wallons pour reculer l’échéance à coups de conflits d’intérêts, le tout dans une ambiance pré-électorale où les partis flamands traditionnels cherchent à survivre au mileu de listes nationalistes ou populistes.
Blasés et démotivés, les derniers belges de part et d’autre d’une frontière linguistique qui se cherche une légitimité de frontière d’Etat, attendent la suite des évènements, inéluctables peut-être, si ce n’est l’impossibilité d’une Grande Flandre à digérer Bruxelles qu’elle considère comme sienne, et de retrouver facilement une place en Europe qui a horreur des vélléités séparatistes de quelques peuples …
Si la crise économique se fait encore plus dure, pour les deux parties, peut-être servira-t-elle à relativiser l’urgence des revendications régionalistes. j’en doute …

Des bons voeux sans enthousiasme …
Sans trop savoir à quelle sauce il va être être mangé en 2009, dans une ambiance d’après 1929, c’est sans conviction et sans empressement que le gentil peuple wallon a fêté les 12 coups de la saint Sylvestre. La déblâcle financière et ses prolongements économiques minent les plus optimistes. Chômage technique, sacrifice expiatoire des intérimaires, ces nouveaux corvéables de notre société, plan de contraction des emplois, … De bien joyeuses perspectives. Nous avons tant vécu à crédit avec de l’argent qui n’existait pas … qu’il faut bien passer un jour ou l’autre à la caisse. A moins de faire peser la dette sur les générations suivantes. Mais s’il faut faire de nouvelles dettes et repartir pour une décennie de vie à crédit pour étaler les conséquences de la crise, qu’on ne le fasse pas n’importe comment ! pas en donnant un prime à l’achat d’une voiture ou en allégeant l’impôt pour se payer une semaine de vacances l’hiver en Tunisie. Qu’on fasse un véritable investissement qui mérite d’être payé par les générations futures par les avantages qu’il apportera.  Comme les nouvelles technologies de production d’énergie propre, d’économie d’énergie, d’aménagement écologique du territoire, des villes, d’aliments de qualité. Tout ce qui peut assurer durablement, et sans dépendance, un siècle heureux basé sur la création plutôt que la consommation ridicule et effrénée de choses inutiles et nocives. Puisqu’il nous faudra souffrir, autant que ce soit intelligemment. (et tant pis pour le gros mot). Bonne année 2009 quand même … !

Hors de nos frontières

Il arrive … Yes we can …
C’est aujourd’hui qu’il prête serment. Barak OBAMA sera invisti, ce 20 janvier 2009, 44 ième président des Etats-Unis pendant que George W. BUSH s’esquive et termine ses derniers adieux parmis des figurants payés par manque de personnalités … Fin de huit années détestables à tous points de vue.  On y reviendra.

L’Amérique fête donc aujourd’hui son nouveau père fondateur et mercredi il se mettra au travail car on lui laisse une sacrée ardoise et un héritage malsain, comme pour Bill Clinton. Et nous compterons sur l’arrière garde des Républicains pour lui chercher des poux sur la tête ou des petites secrétaires en mal de sensations. Bonne chance mon ami !

Billet de Flandres


Réponses

  1. [...] édition: Edition N° 631 du 20 janvier 2009:  les voeux, un nouveau gouverment, Barak Obama [...]


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