Edition N° 632 du 17 février 2009
L’air du temps
février froid et grincheux !
On espérait un mois de février moins rigoureux que janvier pour rétablir une moyenne honorable, mais hélas, les compteurs de gaz et les chaudières à mazout ont tourné bien plus qu’en février 2008 ! Du gel nocturne presque permanent, des averses de neige, des petits matins glacés et glissants. Petite consolation dans la foulée de la crise économique qui enfle, le prix de l’énergie a baissé. Les belges avaient oublié le goût d’un hiver d’antan et le réchauffement climatique devient très abstrait. Il faudra faire confiance en nos chercheurs qui justement viennent d’inaugurer la station polaire de l’antarctique, la base Princesse Elisabeth.
Encore quelques jours ainsi et ce seront des oranges givrées que les gilles de Binche lanceront mardi gras prochain.
L’actualité de février
Fortis, KBC et les autres.
Nous avions passé le début de l’année 2008 à épier les premiers signes d’un séisme financier murmuré. Beaucoup d’incrédules jugeaient ces bruits médiatiques distillés par des fonds de placement jouant à la baisse et se fiaient au bon sens. Il fallait raison garder. Les banques nous rassuraient, chacune jurant ses grands dieux que jamais elles n’avaient engagé l’épargne des clients dans des placements risqués. Puis au mois d’octobre, les marchés ont paniqué, certains investisseurs acceptant définitivement de perdre jusqu’à 80% de leurs mise. l’effet d’entraînement a plongé l’ensemble du secteur financier dans une crise sans précédent. C’est qu’il n’y a rien de plus facile que de plonger une banque dans la banqueroute. Que les déposants viennent faire la file pour retirer leur argent, et aucune banque ne peut résister. Les banques ne pouvant au mieux que rembourser 10 % de dépôts … Et quand une banque fait faillite, elle ne vaut plus rien, même plus le prix de ses immeubles …
Le secteur financier fonctionne sur base de la confiance. Qu’elle soit rompue, à raison ou sur fond de panique, et c’est la fin de tout.
Quand les actionnaires bons père de famille et les épargnants ont tout perdu, alors c’est l’enchaînement catastrophique. Les prêts hypothécaires ne sont plus remboursés, les loyers traînent, on fait durer sa voiture une année de plus … on ferme les usines de montage automobile, ce qui fait de nouveaux chômeurs qui se passeront de rénover ou embellir leur maison, qui réduiront leurs achats de textile, qui préciperont la fermeture des petits commerces et PME … Quand la chute en cascade commence, elle ne s’arrête qu’en bas de la pente.
Les états du monde ont donc du intervenir pour freiner l’emballement. En injectant des liquidités temporaires dans les banques ou en les nationalisant. Ce fut le cas de la banque Fortis, fleuron du holding Fortis.
Une histoire (une saga) encore inachevée. Les actionnaires spoliés ayant dit non à la revente à BNP-Paribas par l’état actionnaire.
En fin d’année 2008, on annonçait encore une récession de 0.2 %. et on se demandait comment une si faible récession pouvait déjà avoir autant d’impact sur l’emploi. On révise les chiffres aujourd’hui à 2 à 3 % de récession, Plus de 10 fois plus que les premières estimations.
On comprend dès lors mieux les secousses de l’économie globale. Le FMI (Dominique Strauss-Kahn) annonce même pour la première fois depuis la fin de la seconde guerre mondiale, une récession globale de 0.2 %, les pays émergents et la Chine en premier lieu, ne trouvant plus de client à l’exportation pour équilibrer la moyenne mondiale.
De façon dispersée les pays européens y vont de leur petits plans de relance, puisés dans un budget en déficit qui nous annonce de nouvelles années de vaches maigres au moment de rembourser. Je ne résiste pas à vous présenter le document du Service Public Fédéral des finances (http://stabilityprogramme.be/fr/Balance_debt.htm) encore en ligne aujourd’hui et qui montre combien la crise a été brutale, imprévisible (ou plutôt imprévue). Ce document sera je suppose bientôt remis à jour, gardons-en donc la trace optimiste pour la comparer avec la prochaine édition.
L’évolution de la dette publique
La réduction du taux d’endettement à un rythme suffisamment rapide demeure un élément crucial de la stratégie des pouvoirs publics visant à faire face aux effets budgétaires du vieillissement.
Même si on tient compte de la consolidation du Fonds d’infrastructure ferroviaire, le taux d’endettement est retombé à 84,9% en 2007. La stratégie budgétaire mise en œuvre implique que, dans les années à venir, l’excédent primaire augmentera d’environ 0,2 point de pourcentage par an, passant de 3,7% en 2008 à 4,3% en 2011. Grâce à la dynamique positive ainsi créée en matière d’évolution de la dette, le taux d’endettement passera à 71,1% en 2011. Cette estimation ne tient pas compte des éventuels produits de privatisations ou d’autres opérations qui réduisent la dette. L’impact des facteurs dits exogènes fait augmenter légèrement la dette par hypothèse.
Selon les hypothèses de croissance et d’intérêt, l’excédent primaire nécessaire à la stabilisation du taux d’endettement varie, dans la période concernée 2008-2011, de zéro à 0,5% du PIB au maximum. L’écart entre le solde primaire actuel et le solde primaire visé souligne la robustesse du scénario ébauché de réduction de la dette.
TABLEAU 5
Évolution de la dette de l’ensemble des pouvoirs publicsEn % du PIB 2006 2007 2008 2009 2010 2011 1. Taux d’endettement
88,2 84,9 81,5 78,1 74,7 71,1 2. Changement dans le taux d’endettement
-3,9 -3,3 -3,4 -3,3 -3,5 -3,6 Eléments contribuant à l’évolution du taux d’endettement brut
3. Solde primaire 4,3 3,7 3,7 3,8 4,1 4,3 4. Charges d’intérêt 4,0 3,8 3,7 3,5 3,4 3,3 5. Variation exogène de la dette 0,7 0,2 0,3 0,2 0,2 0,2 p.m. niveau implicite du taux d’intérêt 4,5 4,5 4,5 4,5 4,5 4,6
Dernière modification : 09-06-2008
( sic …!! sans commentaire ….)
Ce pacte de stabilité européen décidé lors du traité de Maastricht imposait aux Etats membres de l’Union européenne de ne pas dépasser les 3% de déficit par an.
Cette “modération” vient de voler en éclat lors de la crise financière. Il ne faut pas y voir un laxisme subit et coupable. Entre deux maux, la déroute bancaire, l’effondrement de l’économie et le recours au crédit pour les éviter, il n’y a pas photo.
Au contraire: on sait que le défi climatique nous imposera de toute façon d’énormes investissements. Pourquoi ne pas les mettre en route aujourd’hui et faire coup double. Amortir la crise, éviter l’effondrement et nous engager enfin dans une civilisation moins gaspilleuse d’énergie, plus respectueuse de l’environnement, et éviter ce qui serait une catastrophe (pire qu’on ne pense) climatique dur au réchauffement global de la planète.
Les Européens semblent avoir compris. Hors de question de distribuer des chèques aux particuliers à fond perdus. Des dettes, oui, mais en terme d’investissement.
En partie du moins, (ou même en grosse partie), ce n’est pas la ligne de force des Etats-Unis. Etouffés par l’endettement des particuliers qui depuis des années achètent à crédit hors du raisonnable, des centaines de milliard de dollars seront encore consacrés à soutenir la consommation privée, par des réductions d’impôts. Cette marée de dollar ira en Chine alimenter une production effrénée, au prix d’une émission non maîtrisée de CO2, pour satisfaire le besoin de consommer de l’américain moyen.
Seule consolation, l’administration Obama, contrairement à l’ex-administration Bush, consacrera au moins une partie à l’investissement dans les économies d’énergie et la production durable d’énergie propre. Comment renbouseront-ils leur phénoménale dette publique ?
Un feuilleton passionant que nous suivrons avec intérêt.
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Par Bienvenue sur WallonieWeb « Wallonieweb’s Blog le avril 1, 2009
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