Ultralibéralisme, école de de Chicago. 15 années à prêcher la faillite de cette idéologie, mais le monde a choisi d’aller jusqu’à la catastrophe pour enfin se rendre à l’évidence: le niveau moral de l’humanité est encore bien trop bas pour laisser un système la bride sur le cou. Les pages qui suivent analyseront la mécanique du système fait pour les plus forts, càd les plus amoraux, les plus méchants, les plus roublards au détriment des plus faibles, des plus créatifs, des plus sages. Histoire d’une confiscation des richesses, histoire aussi d’un drame qui pouvait être évité.
En même temps, il y a une chose extrêmement positive : l’effondrement de l’obscurantisme néolibéral. La théorie légitimatrice de la sauvagerie capitaliste dominait les esprits, même à l’ONU. C’était une loi de la nature qui affirmait l’impuissance à lutter contre la faim, le chômage, etc. On nous disait : « On ne peut rien faire, c’est la loi du marché, la main invisible, il faut juste libérer les forces du marché, éliminer la force normative de l’Etat, privatiser, déréguler. » L’objectif était l’autorégulation du marché, la gouvernance mondiale sans l’Etat, sans contrat social, etc. Tout ça est par terre ; les masques sont tombés et qu’est-ce qui apparaît : la vrai gueule du capitalisme, sanglant, arrogant, obsédé, avide.
Jean Ziegler
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